Membre de l'Institut universitaire de France. Professeur à l'université de Paris X-Nanterre
Tikal, Chichén Itzá, Palenque… figurent parmi les sites archéologiques du patrimoine mondial. Au sein de décors naturels somptueux, articulées autour de temples et pyramides qui frappent l'imagination, ces villes n'en finissent pas de nous interroger sur les Mayas, surnommés les « Grecs » de l'Amérique en raison de la sophistication de leur écriture, du développement des mathématiques et de l'astronomie, et de la beauté des formes architecturales et iconographiques. Carmen Bernand nous permet aujourd'hui de déchiffrer certains des secrets d'une civilisation particulièrement fascinante.
Cette civilisation fait partie de la Méso-Amérique, ensemble culturel qui s'étend du nord de l'Altiplano mexicain jusqu'à la région de Nicoya au Costa Rica. Il s'agit d'une aire qui comprend une multitude de langues et de peuples, lesquels possèdent, malgré leur singularité propre, un certain nombre de traits communs : calendriers divers, écriture, sacrifices humains, pyramides, jeux de balle, sculptures en jade… Les Mayas sont donc à la fois uniques, d'un point de vue linguistique, et tributaires de cette matrice mésoaméricaine, dont les Nahuas, de langue uto-aztèque, semblent avoir constitué le ciment.
Le territoire maya s'étend sur plusieurs États actuels : le Mexique (Yucatan, Campeche, Quintana Roo et une partie du Tabasco et de Chiapas), le Guatemala, le Belize, une partie du Honduras et du Salvador. Ce vaste territoire n'est pas homogène d'un point de vue écologique, et tout sépare la péninsule du Yucatan, aride et plate, des basses terres tropicales du Petén et de la vallée de l'Usumacinta, mais aussi des hautes terres du Chiapas et du Guatemala méridional. Comme partout en Méso-Amérique, deux civilisations anciennes, celles des Olmèques et de Teotihuacan, ont eu une grande influence sur le développement politique et culturel des Mayas.
Entre 1800 avant notre ère et 250 après J.-C. – période que les archéologues appellent le préclassique – surgissent les premières cités dont Kamilnajú au Guatemala, vaste complexe cérémoniel, et El Mirador, une des plus anciennes, située à l'orée de la forêt tropicale du Guatemala. L'âge d'or des Mayas, qualifié de « classique », est compris entre les années 250 et 800 de notre ère. Leur croissance démographique, la construction des cités et leur rayonnement culturel sur tout le territoire atteignent leur apogée vers l'an 600. Selon des chiffres approximatifs, la population des basses terres aurait dépassé les cinq millions d'habitants. On peut estimer que de grandes villes comme Tikal en avaient des dizaines de milliers.
À partir de 900, on voit apparaître des styles marqués par l'influence mexicaine toltèque. Chichén Itzá incarne le mieux ces nouveaux courants religieux et politiques, que les Mayas se sont appropriés. Vers 1200, la ville est conquise par Mayapán, qui dominera toute la région yucatèque jusqu'en 1441, mais la chute de celui-ci ouvre la voie au factionnalisme lignager. Ce sont ces groupes que les Espagnols rencontrent au XVIe siècle. En effet, contrairement à une idée répandue, les Mayas n'ont pas disparu à la fin des temps classiques. Ils ont continué à parler leur langue durant l'époque coloniale et jusqu'à aujourd'hui, même si la créativité de leurs ancêtres a disparu depuis longtemps.
Des hypothèses diverses ont été proposées pour expliquer ce déclin des cités mayas, qui ont toutes implosé à un moment de leur histoire, sans que l'on en connaisse exactement les causes. On a avancé des arguments écologiques et climatiques : dégradation des sols cultivables, sécheresses, catastrophes naturelles, mais aussi politiques, telles les guerres entre les cités et la révolte des paysans contre les exactions chaque fois plus lourdes des seigneurs – les bas-reliefs martelés semblent le suggérer. Il est probable que toutes ces raisons aient joué sur le destin des villes sans que l'on puisse dégager des événements plus précis.
En 1511, des naufragés espagnols de l'expédition de Valdivia accostèrent dans le Yucatan. Deux d'entre eux sont passés à la postérité : Gonzalo Guerrero, qui resta jusqu'à la fin de ses jours auprès des Mayas, marié à une Indienne et père de famille ; Gerónimo de Aguilar, qui préféra rejoindre Hernán Cortés, lors de son passage à Cozumel en 1519. Cette île, aujourd'hui devenue un paradis touristique, fut avec Campeche et Champotón la vitrine du monde maya ; les Espagnols y essuyèrent les hostilités des Indiens et découvrirent les temples et la pratique des sacrifices humains. La péninsule du Yucatán ne fut conquise qu'en 1527, mais le territoire maya resta relativement à l'écart jusqu'à la fin du XVIIe siècle. Dans les contrées soumises à la couronne espagnole, les lignages aristocratiques s'allièrent aux Espagnols. En revanche, les Mayas du centre et de l'est résistèrent et se replièrent sur les forêts du Petén. Vers le milieu du XVIIIe siècle, les ruines splendides de Palenque, enfouies dans la végétation, furent redécouvertes, ainsi que des textes rédigés à l'époque coloniale comme le Popol Vuh, le Livre de Chilam Balam et le Mémorial de Sololá. Ces écrits, qui constituent une source d'information précieuse, sont des retranscriptions en caractères alphabétiques d'anciens codex ainsi que des recueils de traditions orales.
Les sociétés mayas de la période classique étaient fortement hiérarchisées mais on ignore si elles constituaient de véritables empires ou simplement des confédérations de cités. Comme partout en Méso-Amérique, les villes étaient formées par un ensemble de pyramides et de palais, séparés par des esplanades de différents niveaux, reliées par des gradins. Mais les Mayas accentuèrent la verticalité des édifices, en poussant à l'extrême l'angle d'inclinaison, ce qui rend la montée des escaliers (et surtout la descente) d'autant plus périlleuse que le pied dépasse la largeur des marches. Les pyramides les plus hautes se trouvent à Tikal, où elles dépassent les soixante-dix mètres ; ce sont les gratte-ciel des temps antiques, surélevés par des temples. La voûte en encorbellement est une autre découverte propre à cette civilisation. Toutes les cités cependant n'avaient pas la même importance, et il semble que Tikal et Calakmul aient exercé un contrôle politique sur des centres plus petits.
Le titre honorifique de « seigneur sacré » était représenté par un glyphe. Chaque cité était gouvernée par un seigneur divinisé appelé ahau. Cette charge était héréditaire, probablement par voie patrilinéaire, mais les modalités de transmission des statuts ne peuvent qu'être inférées, faute de documents précis sur ces questions. À la tête des villes secondaires se trouvait un gouverneur, le batab, qui remplissait des fonctions militaires et juridiques et était probablement apparenté avec le seigneur. À Palenque, un prince illustre, nommé Pakal, fut intronisé à douze ans à la fin du VIIe siècle, et il gouverna jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans. Une plaque en pierre montre la mère de Pakal remettant à son fils, assis en tailleur sur un siège décoré de deux têtes de jaguar, la coiffe de roi. Pakal fit construire une pyramide-mausolée pour qu'elle fut sa sépulture. Toute la décoration magnifique des parois indique la présence de l'inframonde. Sur les deux côtés de la crypte, les neuf Seigneurs de la Nuit révèlent clairement les influences mexicaines.
D'autres personnages importants avaient pour objet l'étude du ciel. Ils devaient effectuer des calculs mathématiques complexes pour comprendre et maîtriser les cycles temporels et les phénomènes célestes. Ils devaient également posséder l'art complexe de l'écriture glyphique, qui n'était connue que des spécialistes. Ces « prêtres », comme les appelaient les Espagnols, étaient désignés par le terme générique d'ahkin, « celui qui appartient au Soleil ». À l'intérieur de cette catégorie générale existaient plusieurs degrés hiérarchiques. Le chilam était un prophète ou un devin. Le nacom avait la charge des sacrifices humains, dont la forme la plus courante était l'extraction du cœur après incision de la poitrine avec un couteau d'obsidienne. Il était assisté dans sa tâche par quatre vieillards, les chaacob, qui devaient tenir fermement les membres de la victime. Le nacom était aussi le chef des guerriers, ce qui montre la relation attestée dans le centre du Mexique entre la guerre et le sacrifice, à laquelle s'ajoute la présence du dieu de la pluie, Chaac. Des guérisseurs qui participaient à la vie agricole et aux rituels de fertilité occupaient le bas de l'échelle sacerdotale.
Les connaissances mathématiques des Mayas, qui connaissaient le zéro avant les Indiens et les Arabes, constituent le trait le plus remarquable de leur civilisation. Comme tous les peuples de Méso-Amérique, ils élaborèrent un triple calendrier, influencés par Monte Albán, où apparut le premier calendrier gravé sur les monuments. La base de leurs calculs est vigésimale. Pour représenter graphiquement les chiffres, ils utilisaient des points et des barres ; par exemple, le numéro 1 était un point et la ligne horizontale, le 5, de telle sorte qu'une ligne surmontée d'un point indiquait le 6 et ainsi de suite. Deux barres superposées représentaient le 10. Mais il y eut des accommodements puisque l'unité de base devint le 18 pour le calendrier solaire, afin de déterminer trois cent soixante jours et non pas quatre cents.
Le calendrier divinatoire de deux cent soixante jours était le plus utile. Il résultait de la combinaison de deux cycles, l'un comportant une série de treize chiffres et l'autre, une série de vingt (13 x 20 = 260). Chaque chiffre renvoyait à un dieu. Concrètement, chaque jour d'une « semaine » qui en comportait vingt se suivant de façon cyclique et immuable (comme les nôtres d'ailleurs) : imix, ik, akbal, kan, chicchan, cimi, manik, lamat, muluc, oc, chuen, eb, ben, ix, men, cib, caban, etznab, cauac et ahau, était associé à un chiffre pris dans la série de 13. Ainsi, 1 imix, 2 ik… Après 13 ben, la série recommençait et le cycle entier s'achevait lorsque le chiffre 13 tombait sur ahau. On suppose que le choix de cette année de deux cent soixante jours était en rapport avec la durée de la gestation humaine. Ce calendrier, qui subsiste encore dans les forêts, était essentiel pour calculer les destins des individus.
Le calendrier solaire de trois cent soixante-cinq jours se décomposait en dix-huit « mois » de vingt jours auxquels on ajoutait une période très courte de cinq jours (18 x 20 + 5 = 365 jours). Les deux cycles commençaient en même temps mais, pour qu'une même date pût se répéter, il fallait un laps de temps de cinquante-deux ans de trois cent soixante-cinq jours et de soixante-treize années de deux cent soixante jours. La conjonction des deux calendriers donnait lieu à des rituels complexes. Enfin, pour situer les événements dans le passé, il était nécessaire de partir d'une date initiale, comme nous le faisons en prenant comme référence la naissance du Christ. Les Mayas avaient calculé une date d'origine qui correspond au 13 août 3114 avant notre ère. Il s'agit là d'une convention, qui permet d'inaugurer le compte long des treize baktun, de 144 000 jours chacun. Le 21 décembre 2012, le cycle long s'achèvera, ce qui coïncidera avec le solstice d'hiver. C'est alors que, selon les prophéties, l'ère maya prendra fin.
Son originalité réside dans la capacité de combiner des glyphes avec des affixes. Certes les Mayas n'ont pas inventé l'écriture glyphique qui remonte à l'époque des Olmèques. Mais, tout en récupérant le principe de cette écriture, ils ont réussi à séparer l'iconographie de l'écriture. On n'a jamais trouvé l'équivalent de la pierre de Rosette, et par conséquent, le déchiffrement n'est pas encore entièrement achevé. Paradoxalement, les bases pour interpréter les glyphes nous ont été données par Diego de Landa, le franciscain qui en 1576 brûla les codex mayas pour extirper les idolâtries des Indiens. Seuls quatre grands livres furent épargnés de l'autodafé : ils sont connus comme les codex de Dresde, Madrid, Paris et Grolier. Écrits sur des supports en écorce ou en peau de cervidé, pliés en accordéon, ils contiennent des formules rituelles liées à l'astronomie et au calendrier. Malheureusement, l'intransigeance de Diego de Landa a privé cette civilisation d'une grande partie de son histoire, ce qui explique que les questions soient plus nombreuses que les réponses.
À partir de 1958, les travaux de Heinrich Berlin et de Tatiana Proskouriakoff ont montré que les glyphes ne servaient pas seulement à calculer le temps et à déterminer les rites qui devaient être accomplis pour renforcer les forces de la nature, c'est-à-dire les dieux lesquels, sans les hommes, auraient péri. Ces inscriptions étaient aussi « historiques », car elles donnaient des dates liées à des événements provoqués par un seigneur. Elles pouvaient également retracer les membres d'un lignage illustre.
Ces découvertes ont changé la conception que l'on avait des peuples mayas, attachés à des rituels immuables, et ont montré que la contingence et la singularité de l'existence humaine ont aussi leur place dans l'univers ordonné des Mayas.
Quand on pense aux Mayas, on pense évidemment aux temples, aux pyramides, et à ces cités littéralement englouties sous la végétation de la forêt tropicale, et parfois détruites par ses assauts.
Initialement, les bâtiments étaient construits à base de pierres et de bois. On préféra les bois qui résistaient aux termites (xylophages). On ajoutait différents matériaux pour combler (grès, marbre, calcaire,...). Par exemple, les dalles des escaliers étaient recouvertes de plâtre. Au départ, les pierres utilisées pour ériger les murs, les bâtiments, (considérons les comme ayant la forme de briques) étaient posés dans le sens de la longueur pour profiter au maximum de la surface de la pierre. Ensuite, en fin de période préclassique, ce fut celui de la largeur. Cela obligeait l'utilisation de plus de ressources.
Que construisirent les Mayas ? Des palais, des pyramides (dont certaines sont parmi les plus hautes du monde), des places (où se déroulaient les jeux et les cérémonies), des bains de vapeurs (
temazcal) et des fortifications, surtout lors du déclin, dès que les différentes villes commencèrent à se faire la guerre. Les temples étaient situés entre autre, en haut des pyramides. Les prêtres (mais aussi ceux qui participaient aux différents rites cérémoniaux) gravissaient les marches, avant de pouvoir accéder au sommet. Les sciences de l'astronomie était si développée, que les villes étaient érigées selon la cartographie du ciel, et les bâtiment dans l'allignement du soleil.
Les temples étaient construits selon un schéma précis. Par exemple, pour une pyramide, composée de quatre escaliers d'accès au temple, comme celle-ci, chaque escalier comporte un nombre fini de marches : 91 (+ 1 à l'entrée du temple), soit 365, les 365 jours de l'année.
Ornés de couleurs choisies dans une palette importante, et de motifs, les décorations représentaient l'histoire de la civilisation (dieux, évènements saisonniers, cérémonies, batailles et victoires), mais aussi les noms des rangs les plus élevés. Au cours du déclin, les descendances étaient inscrites pour asseoir davantage l'autorité. Mais, encore aujourd'hui, compte tenu des recherches, on ne peut pas encore déchiffrer tous les hiéroglyphes. Parmi les villes les plus réputées pour leurs constructions, nous pouvons citer Palenque, Tikal, ou encore Copàn.
Le roi Copàn (Honduras)
Sciences
Les Mayas étaient d'excellents astronomes qui n'avaient rien à envier à leurs collègues européens. Par ailleurs, leur système mathématique permettait, même aux personnes les moins érudites, de savoir compter...
Communion de la Nature et de l'Astronomie
Calendrier, astronomie
Observatoire 'El Caracol' sur le site de Chichén Itzá.
Le calendrier Maya est très précis, avec un an de 365 jours ! L'année solaire (haab) comporte 18 mois de vingt jours chacun, et un 21ème de cinq jours. Ces mois s'appellent : Pop, Uo, Zip, Zotz, Tzec, Xul, Yaxkin, Mol, Chen, Yax, Zac, Ceh, Mac, Kankin, Moan, Pax, Kayab, Cumbu et Uayeb. Du point de vue de l'astronomie, les Mayas étaient parvenus à construire des observatoires d'une grande précision. Des ouvertures étaient façonnées de manière à pouvoir observer le déplacement des astres et des planètes. Selon nos scientifiques actuels, la précision de ces constructions, et la connaissance mathématique des astronomes de l'époque étaient telles qu'ils pouvaient prévoir un évènement annuel à quelques secondes. L'une des constructions les plus fameuses est l'observatoire "El Caracol" de Chichen-Iza, situé au Yucatan. Caracol signifie l'escargot, à cause de sa forme et du trajet en colimaçon, qui permet d'accéder au sommet. Ses murs indiquent la ligne de visée qui divise respectivement les positions du coucher du Soleil et de la Lune à l'équinoxe de printemps.
Mathématiques
Le système mathématique est, non pas décimal (c'est à dire de 0 à 9) mais vigesimal (le changement de "dizaine" se fait à 20). (Informatiquement, c'est une base 20). Ils utilisaient une combinaison du 0 sous le signe d'un ovale, le point pour les unités et la barre horizontale pour le 5. L'ensemble des symboles mathématiques permettait, même aux gens privés d'ins--truction, d'effectuer des additions et des soustractions à des fins commerciales. Selon les Mayas, certains chiffres étaient plus sacrés que d'autres en raison du rôle spécial qu'ils jouaient. Le 20 en faisait partie, car il correspondait au nombre de doigts et d'orteils sur lesquels les humains pouvaient compter.
La civilisation maya
La connaissance et la compréhension de la civilisation maya sont très incomplètes et de grandes zones d'ombre subsistent malgré les efforts entrepris depuis le
XIXe siècle. En effet, les
Aztèques, les
Conquistadors espagnols, puis les
missionnaires chrétiens, ont cherché à détruire toutes les traces de ce passé (comme lors de l'autodafé de
Maní, où les codex mayas furent brûlés).
Le
Mexique cherche aujourd'hui à réhabiliter son héritage précolombien et un musée de la civilisation maya a été créé à
Chetumal.
On a parfois comparé les Mayas aux Grecs de l'époque classique. En
Amérique précolombienne, ils furent un peuple de bâtisseurs, de savants et d'artistes qui, en quinze siècles, élabora dans la jungle tropicale l'une des civilisations les plus raffinées du continent. Ils formaient à leur âge d'or un immense bloc ethnique, du
Honduras au sud du
Mexique.
Principaux sites mayas
Cette zone comprenait (et comprend toujours):
Le territoire maya est divisé en trois grandes régions, selon des critères climatiques et géologiques :
le littoral pacifique
les Hautes Terres
les Basses Terres
Il semble que l'évolution de la civilisation maya ait correspondu à un déplacement géographique. En effet les traces les plus anciennes de la culture maya ont été retrouvées sur la côte du Pacifique et dans les hautes-terres du Guatemala. Les vestiges de la période classique sont essentiellement localisés dans les basses-terres du sud (
Tikal,
Uaxactun,
Copan) alors que le développement post-classique semble avoir eu lieu principalement dans les basses-terres du nord, c'est-à-dire la péninsule du
Yucatan (
Chichen Itza,
Uxmal,
Tulum).
Les origines des tribus mayas les plus anciennes se perdent dans la nuit des temps. Les manuscrits indigènes du
XVIe siècle ont oublié l'emplacement du berceau de la civilisation maya, que ce soit dans le
Chilam Balam (écrits dans la péninsule du
Yucatán), ou dans le
Popol Vuh des
Quichés, la branche des indiens mayas du Guatemala. Et même le premier chroniqueur espagnol des mayas, le frère
Diego de Landa (
1566), n'a pu en mentionner clairement la situation. En tout état de cause, les faits se réfèrent aux Mayas du Yucatán, de l'ère classique, et non aux vieux mayas localisés dans le sud (
Chiapas, Guatemala et Honduras), dont la civilisation s'est éteinte quelques siècles avant l'apogée des cités de la péninsule telles que
Chichen Itza,
Uxmal et
Savil. Nous savons
[réf. nécessaire] que dans les temps très reculés, les mayas vivaient sur le littoral atlantique du
Mexique, d'où ils descendirent vers l'Amérique Centrale en remontant l'
Usumacinta pour arriver au
Petén. Un vieux groupe maya, les
Huastèques, resta cependant dans le nord, dans la région allant de
Veracruz à
Tamaulipas. C'est peut être l'expansion des
Nahuas qui coupa en deux le peuple maya en rejetant un groupe au nord et l'autre au sud. Les groupes rejetés vers le sud sont ceux qui développèrent la grande civilisation maya.
Au commencement de la période historique, ils vivaient dans un triangle délimité par
Palenque dans le Chiapas,
Uaxactun, au Guatemala, et
Copán au
Honduras, une aire très importante avec des voies de communication très difficiles au milieu de la jungle, traversée par de grandes rivières, comprenant le bassin de l'Usumacinta, le peten guatemaltèque et les vallées du
Motagua et du
río Copán.
On distingue généralement trois périodes dans la civilisation maya:
Ère préclassique (2600 av. J.-C. à 250 apr. J.-C.)
Ère classique (250 à 900)
Ère postclassique (900 à 1521)
L'ère préclassique s'étend de 2600 avant Jésus-Christ à 250 apr. J.-C. À partir de
-2000, c'est l'essor de la civilisation
olmèque, dont sont issus de nombreux aspects de la civilisation maya. Cette période préclassique est mal connue. Les premiers villages d'agriculteurs des Basses-Terres ont été datés de
-1200 au
Belize(Cuello).
Des preuves archéologiques montrent que l'architecture cérémonielle maya démarre vers 1000 av. J.-C. Il est très difficile de faire la différence entre la culture pré-maya et la civilisation
olmèque, chaque culture s'étant influencée mutuellement.
Vers 300 av. J.-C., on assiste à la multiplication des sites et à une activité architecturale intense, signe d'un fort accroissement de la population, particulièrement dans les cités de
El Mirador,
Nakbe,
Komchén,
Cerros et
Tikal. Chaque site se développe de façon autonome; néanmoins, signe d'une indéniable unité culturelle, on utilise partout la même céramique rouge et noire.
Entre 50 et 250 de l'ère chrétienne, période souvent dénommée « protoclassique », des tensions apparaissent; crise de croissance ou invasion, nul ne le sait. Certains sites disparaissent, tels que Cerros, El Mirador ou Komchén, tandis que d'autres s'imposent comme Tikal.
L'ère classique s'étend de 250 apr. J.-C. à 900 apr. J.-C. Elle est dominée par deux grandes métropoles :
Tikal et
Calakmul. Tikal joue un rôle prédominant dans la première partie de l’ère classique qui marque l’apogée de la culture maya. En
292 une stèle datée revendique la prédominance de cette cité sur l'ensemble du monde maya. Son rôle semble être renforcé par les liens qui l'unissent à la grande métropole du Mexique central,
Teotihuacán. Ces échanges se manifestent dans l’architecture, la céramique et la sculpture.
Vers le milieu du
VIe siècle, Tikal est vaincue par Calakmul. On note alors un ralentissement des activités, qui se traduit par l’interruption de l’érection de monuments datés. Cet arrêt marque la fin du classique ancien.
Un renouveau s’opère bientôt organisé autour de cités-États qui rivalisent de prestige. La culture maya atteint son apogée : il durera jusqu'au
Xe siècle.
Les années 800 à 900 marquent l’effondrement des cités-États, l'arrêt des constructions monumentales et des inscriptions associées. La dernière inscription connue datée sur un monument remonte à 822 pour Copán (au sud-est), 869 pour Tikal (au centre) et à 909 pour [[Tonina (ouest).
La cause du dépeuplement quasi total des puissantes cités mayas à l'aube du
IXe siècle reste mal connue. Des hypothèses ont été avancées pour expliquer la chute brutale de la civilisation maya classique en plein
âge d'or, les spécialistes n'étant toujours pas d'accord sur les causes d'un bouleversement aussi radical. Guerres, désastres écologiques, famines ou une combinaison de ces facteurs sont les raisons généralement avancées pour expliquer ce déclin. Les centres mayas sont abandonnés entre la fin du
VIIIe siècle et le début du
Xe siècle[3], puis recouverts par la forêt. Ce n'est qu'au cours de la seconde moitié du
XIXe siècle et au début du
XXe qu'ils ont été découverts et restaurés.
On constate l'arrêt progressif de toute activité de construction dans les cités maya des Basses Terres du sud, au
Guatemala et au
Mexique actuels à partir de la la fin du
VIIIe siècle (on prend généralement en compte la dernière date en
compte long retrouvée). Ce phénomène correspond à l'effondrement du système politique de la royauté divine qui caractérise le monde maya classique
[4]. Une forte baisse de la démographie a été constatée mais les causes en restent obscures, et cela ne suffit pas à expliquer pourquoi les survivants ont quitté les cités et leurs splendides constructions.
En réalité, la chute ne fut pas brutale. Les ruines mayas ne sont pas des villes détruites mais des cités abandonnées. On ne trouve pas non plus de trace d'hécatombes, charniers ou fosses communes, résultats d'épidémies comme celles qui, introduites par les conquérants espagnols, décimeront plus tard les populations indiennes. Des dissensions affaiblissent les Mayas qui deviennent incapables de résister aux agressions : leurs voisins, à l'ouest et au nord, profitent de la situation.
Les guerres : du fait des traces d’abandon brutal, les activités quotidiennes ayant été apparemment délaissées en quelques jours (constructions encore en chantier), plusieurs spécialistes ont favorisé la thèse de guerres et d'affrontements violents entre cités.
Cependant, les guerres, bien qu'effectivement courantes, ne peuvent à elles seules expliquer un phénomène d’une telle ampleur. La notion de conquête ne semblait pas exister en tant que telle chez les Mayas. Les guerres ne visaient pas à exterminer l'adversaire, mais à faire des prisonniers pour mettre à profit leur force de travail, exiger une rançon ou les sacrifier aux dieux.
Les catastrophes naturelles : de terribles tremblements de terre ou de fortes perturbations climatiques auraient pu décimer la population. Une très importante diminution des pluies sur une longue période (corroborée par plusieurs études géologiques et par des études menées autour des conséquences du phénomène
El Niño et
La Niña ) aurait ainsi pu entraîner de mauvaises récoltes, des famines, des épidémies, des rébellions, etc.
Une des faiblesses de cette hypothèse est d'abord sa durée dans le temps : un changement climatique se produit sur plusieurs décennies et ses conséquences sont progressives. De plus des études pluviométriques ont démontré que des variations de pluie n’auraient rien changé ou, au contraire, amélioré les récoltes. Enfin, aucune autre civilisation n’a disparu des suites d'une épidémie ou d’une catastrophe naturelle (les bâtiments ne montrent d'ailleurs par exemple aucun signe de violent séisme).
La peur : cette thèse se fonde sur la religion maya elle-même, prépondérante dans les cités dont la naissance va de pair avec la construction de grands centres cérémoniels. La création des arts et des sciences était toujours intimement liée à la religion. Or, celle-ci se basait sur des observations astronomiques qui avaient donné naissance à deux calendriers complexes (voir
calendrier maya) qui organisaient toute la vie de la cité et avaient profondément marqué leur cosmogonie. Les Mayas distinguaient ainsi cinq cycles dans l’histoire de l’Univers se terminant tous par la destruction du monde précédent ; celle correspondant à l'Humanité était la quatrième, et le calcul basé sur le croisement des deux calendriers indique que cette période devait s'achever au
Xe siècle. Ainsi, les prêtres ayant prédit l'approche imminente de l'apocalypse, ce peuple fervent aurait soudain été pris de panique et se serait enfui...
Cette hypothèse très controversée a été avancée au milieu des années 1970 par
Pierre Ivanof. Elle ne permet pas d'expliquer la forte baisse démographique constatée par les chercheurs ; on ne comprend pas non plus pourquoi les Mayas ne seraient pas retournés vivre dans les cités après s'être rendu compte que les prévisions des prêtres étaient erronées.
Une catastrophe écologique : ce serait la cause profonde. L'appauvrissement et l'érosion du sol causés par le déboisement massif auraient été aggravés par des années de sécheresse. Les récoltes ne suffisant plus à nourrir une population très importante, les famines auraient entraîné une baisse de la natalité et des guerres entre les cités pour accaparer les réserves en eau et les terres cultivables disponibles. La baisse démographique, conjuguée à la nécessité vitale de s'éloigner de régions de plus en plus arides pour retrouver un environnement plus humide et plus fertile (forêt tropicale au sud, eaux souterraines plus faciles à capter au nord), apportent une explication à l'abandon des cités.
Cette hypothèse qui est retenue par la plupart des chercheurs se base sur une accumulation de conditions défavorables. Les thèses évoquées précédemment ne seraient pas des causes primaires mais seulement des conséquences (guerres) ou des facteurs aggravants (années séches).
Les cités mayas des plaines du nord du Yucatan continuent néanmoins à prospérer quelques siècles de plus, comme
Chichen Itza,
Uxmal,
Edzná et
Coba. Après le déclin des dynasties de Chichen Itza et Uxmal, la cité de
Mayapan gouverne tout le Yucatan jusqu’à une révolte vers
1450. Lorsque les Espagnols arrivent, la région est aux mains de cités-États de moindre importance.
Dans les hautes terres du sud, la culture maya continue de vivre à travers de petits royaumes comme celui de
Quiché, qui est à l'origine d'un des textes les plus connus de la mythologie maya : le
Popol Vuh.
L’écriture hiéroglyphique maya continue à être utilisée dans les
codex, faits de longues bandes de fibre végétale recouvertes de
chaux et pliées en accordéon. Quatre d’entre eux ont survécu : ceux de
Dresde et de
Paris, le
Codex Troano de
Madrid et le Grolier.
Les Espagnols commencent la conquête des terres mayas vers
1520. Quelques royaumes continueront néanmoins à résister farouchement, jusqu'à ce que le dernier État maya, le royaume d'Itza, au Guatemala, tombe en
1697.
Certaines personnes pensent qu'à la suite de l'arrivée des espagnols, des maladies se sont propagées jusqu'au territoire où vivaient les Mayas. Une épidémie aurait entraîné la mort de plus des 2/3 des habitants. Le reste de la population y aurait échappé en se dirigeant plus au sud, quelques personnes ayant quitté les villages étant contaminés par l'épidémie.
Noble offrant des
fèves de cacao La société maya est divisée en classes : nobles, religieux, militaires, artisans, commerçants, paysans (la majorité) et l’équivalent des serfs. Elle est dirigée par des chefs héréditaires, de filiation patrilinéaire, qui délèguent leur autorité sur les communautés villageoises à des chefs locaux. La terre, propriété de chaque village, est distribuée en parcelles aux différentes familles.
La structure sociale est complexe, elle est fondée sur une organisation familiale patrilinéaire, une division sexuelle du travail et une répartition par secteurs d'activité. Les agriculteurs, c'est-à-dire la majeure partie de la population, se divisaient en paysans, serviteurs et esclaves. L'élite, de son côté, se répartissait en guerriers, prêtres, administrateurs et dirigeants. L'élite et le peuple ne formaient pas des catégories antagonistes, car des liens de parenté ou d'alliance unissaient dirigeants et serviteurs, chefs et paysans. Ainsi, les nouvelles découvertes montrent l'existence d'une classe fort importante de commerçants-guerriers, notamment à partir du
Ve siècle à Tikal et il y aurait eu un partage du pouvoir entre l'ancienne aristocratie chargé des affaires intérieure de la cité et religieux; et la nouvelle classe de commerçants-guerriers.
Il semble que les Mayas aient vécu selon un système de cités-États. Cette indépendance relative des communautés a d'ailleurs été un facteur facilitant la conquête par les Espagnols qui n'eurent pas à affronter un peuple présentant un front uni.
Les plus puissants rois qui surent conquérir et régner sur plusieurs cités se faisaient appeler Ahau ce qui signifie « Grand Roi ». Cependant, le titre le plus répandu des rois mayas fut Halac vinic ou Hulach Uinic. Le Roi concentre tous les pouvoirs religieux, militaires et civils. Il choisit au sein des nobles les batabs, qui sont des chefs locaux ou de villages dont la principale responsabilité était de veiller à la bonne perception du tribut et à l'exécution des ordres. Mais il est souvent fait mention d'un conseil autour du roi.
Le clergé constitue également une classe nombreuse. Les prêtres (ah kin) se succèdent de père en fils et leur savoir ne se transmet qu'à l'intérieur de la famille. Cela est compréhensible puisque le savoir maya était fort étendu : de l'écriture à la chronologie, des almanachs sacrés à la médecine, des cérémonies à la formation des jeunes prêtres. Parmi les prêtre se distingue le chilam, spécialement chargé de recevoir les messages des dieux et d'énoncer les prophéties. Leur influence et la grande religiosité des mayas expliquent les nombreux jeûnes très sévères pratiqués par le roi et la noblesse ainsi que les mortifications et automutilations puisque la religion maya donne au sang une très grande valeur magique.
En bas de l'échelle se trouve le peuple. C'est à lui qu'incombe la tâche de fournir les aliments et les vêtements, la main d'œuvre pour les travaux publics. Ces ouvriers mayas ne disposent que d'outils en pierre ou en bois ; ils ne connaissent ni le métal, ni la traction animale, ni la roue. Le seul moyen de transport connu s'effectue à dos d'homme. Enfin, les esclaves constituent une classe à part. Les délinquants de droit commun sont condamnés à l'esclavage. Les prisonniers deviennent souvent des victimes sacrificielles.
L’économie maya reposait principalement sur l’agriculture (
maïs,
coton,
haricots,
courge,
manioc,
piment, arbres fruitiers,
cacao). Le terme de maya lui-même désigne « ceux qui cultivent le maïs ». Les techniques de
filature, de teinture et de
tissage du coton sont extrêmement perfectionnées. Les Mayas domestiquaient le
chien, élevaient des dindons et pratiquaient l’
apiculture. Ils ne possédaient pas d’animaux de trait ou de véhicules à roues. Les outils en métal n’existaient pas. Les Mayas utilisaient des meules en pierre appelées
metate.
Les différents peuples mayas entretenaient de nombreuses relations commerciales avec des cités lointaines. Les fèves de cacao et les clochettes en cuivre servaient de monnaie d’échange: le cuivre était aussi utilisé à des fins décoratives, comme l’
or, l’
argent, le
jade, les coquillages et les plumes de
quetzal.
La forme la plus emblématique de l'architecture maya est la
pyramide à degrés. Le peuple maya aurait adopté l'architecture verticale pour se rapprocher de ses dieux.
L'apogée de la culture maya a coïncidé avec l'émergence de grandes cités, centres de pouvoir religieux, commercial et politique, comme
Chichen Itza,
Tikal et
Uxmal. L'observation du style de l'architecture maya est une des clés pour comprendre cette civilisation.
L'emplacement des villes mayas ne semble pas être planifié; elles se déploient en effet un peu au hasard sur tous types de terrains des plaines du nord du
Yucatan aux collines de l’
Usumacinta. La péninsule du Yucatan, où rayonna la civilisation maya, est un bas plateau calcaire qui ne s'élève guère au dessus du niveau de la mer, couvert d'une jungle épaisse. Sous ce climat tropical, la végétation envahit les pierres et masque les œuvres de ce peuple ancien.
Au cœur de la cité maya se trouvent de larges places où se concentrent les bâtiments officiels, temples, acropole royale, stade, etc. Une attention particulière est portée à l'orientation des temples et des observatoires afin de respecter la cosmogonie maya. Dans un deuxième cercle autour de ce centre rituel se concentrent les demeures des nobles, les temples mineurs. Enfin, en dehors de ce centre urbain se déploient les modestes maisons du peuple.
L’architecture classique maya peut se résumer en une division de l’espace en deux : un espace public monumental, urbanisé et un espace privé relégué au second plan. C’est seulement à la fin de l’ère post classique que les cités se fortifient, détruisant les larges places de l’ère classique.
Un des aspects étonnants de la culture maya est sa capacité à construire d’immenses ouvrages à l’aide de techniques rudimentaires. En effet, les mayas n’utilisaient ni outils en métal, ni poulies, ni même la roue. En contrepartie, l’architecture maya exigeait une importante main d’œuvre.
Toutes les pierres des bâtiments mayas semblent provenir de carrières situées à proximité. Le matériau le plus utilisé était le calcaire, qui peut être facilement taillé avec des outils en pierre. Le mortier est lui aussi à base de calcaire pilé, brûlé et mélangé qui reproduit les propriétés du ciment. Les progrès dans la taille des pierres réduiront l’utilisation de ce mortier, les pierres s’emboîtant parfaitement.
On note également l'apparition de la céramique à pâte fine sur des sites comme Seibal et
Altar de Sacrificios à la fin du VIIIe siècle, dont l'introduction témoigne d'une influence sur la culture maya, et a servi à appuyer la thèse d'invasions étrangères qui pourraient être à l'origine de l'état de guerre qui a anéanti la civilisation classique.
Les techniques de construction
Détail du Quadrilatère des Nonnes d'Uxmal
La plupart des bâtiments en pierre reposent sur une chape dont la hauteur varie de moins d'un mètre pour les petites structures, à plus de 45 mètres pour les grands temples et les pyramides. Sur au moins un côté se trouve une volée de marches, souvent très raide.
Cette chape était constituée d’une série de cellules délimitées par des murs. L’espace créé par ces cellules était ensuite rempli de gravier.
Les surfaces étaient recouvertes de plâtre par souci d’uniformité. Le plâtre était produit en brûlant la pierre calcaire en poudre qui était ensuite mélangée avec du sable calcaire (sascab) et de la résine d’arbre (holol) pour la plasticité.
Enfin les surfaces étaient peintes avec des pigments minéraux et organiques dont l’
hématite et l’
indigo qui servaient à produire les deux principales couleurs : rouge et bleu. Le célèbre bleu maya était ainsi constitué d’indigo, d’
azurite (minéral) et d’
argile paligorskite.
L’architecture maya se caractérise par l’emploi généralisé du mortier dans les constructions. En effet, ne connaissant pas la technique de la voûte (assemblage de blocs en équilibre répartissant la poussée gravitationnelle sur les murs adjacents ou des piliers), leurs possibilités de créer des espaces couverts étaient très réduites. L’usage de colonnes et d’architraves n’a d’ailleurs été constaté qu’en de rares occasions apparemment involontaires. Dépourvus de ces moyens élémentaires, les Mayas ont ainsi systématiquement employé le mortier, avec toutes les conséquences que cela implique : des murs très épais afin de soutenir un plafond excessivement lourd, et un espace intérieur exigu. Les longues galeries des palais de
Palenque ou d’
Uxmal montrent l’utilisation d’une sorte de voûte en encorbellement, dite « fausse voûte » car précisément elle n’en est pas une.
Chaque strate de blocs ajoutée gagne peu à peu sur le vide, à la manière des maisons européennes médiévales où chaque étage supplémentaire s'avançait un peu plus sur la rue en contrebas. Dans le cas des bâtiments mayas, il suffisait que les encorbellements s'élèvent à partir de deux murs opposés séparés par une faible distance pour qu’ils finissent par se rejoindre, formant alors une « fausse voûte ». Afin de faire tenir l'ensemble, le mortier était indispensable, l’encorbellement étant voué à s’effondrer s’il dépasse une limite fatale imposée par la gravité. Vu de l'extérieur, l’épaisseur du plafond était supérieure ou égale à la hauteur de la galerie intérieure, donnant à l’édifice une lourdeur énorme. Les Mayas en ont profité pour donner libre cours à leurs talents artistiques : les façades hautes et presque aveugles leur en laissaient largement les moyens. Divers stratagèmes ont donc été employés pour limiter l’aspect pesant des bâtiments.
Frises géométriques, colonnettes verticales ou encore sculptures plus ou moins élaborées se sont développées pour atteindre leur apogée à l’ère post-classique. Le style puuc au
Yucatan en est le meilleur exemple (Uxmal, Labna, Kobah, Sayil, etc.)
Plates-formes cérémonielles
Ces plateformes de calcaires de moins de quatre mètres de haut étaient utilisées pour les cérémonies officielles et les rites religieux.
Immenses et très décorés, les palais se trouvent au centre de la cité, ils abritent l’élite de la population.
Ceux qui sont particulièrement grands, ou qui comportent différents niveaux, étaient peut être utilisés comme acropole. Néanmoins la plupart ne comportent qu’un niveau, de petites pièces et sont richement décorés, ce qui renforce l’hypothèse de leur utilisation comme habitations.
Il semble aussi que ces palais étaient utilisés comme tombes.
L’utilité de cette structure courante dans les cités mayas reste un mystère. Sur le côté ouest de la place centrale se trouve une pyramide, qui fait face à trois petits temples d’où le nom de Groupes en E.
Certains pensent que ces structures sont des observatoires car depuis la pyramide, le soleil apparaît dans l’alignement exact des petits temples lors des
solstices et des
équinoxes. D’autres avancent qu’ils représentent l’histoire de la création du monde illustrée par les sculptures et les dessins qui ornent ces structures.
Quelques exemples célèbres : la structure E-VII à
Uaxactun et le groupe du complexe du Monde perdu à
Tikal.
Les pyramides sont probablement l’élément visuel le plus connu de la civilisation maya. Les installations cérémoniales dans les villes mayas, c’est-à-dire les places, les pyramides et les palais, étaient conçues de façon à reproduire, à un niveau symbolique, le paysage sacré tel qu’il existait au moment de sa création par les dieux. Les pyramides représentaient les montagnes. C'est depuis ces endroits que les rois, usaient de transes et de rites pour accéder au monde surnaturel qui leur permettait de converser avec les dieux. Les pyramides abritaient également les tombes royales.
Les temples-pyramides s’inscrivaient dans une longue tradition culturelle en Méso-Amérique. Les Olmèques érigeaient déjà des montagnes artificielles. Les Mayas ont innové en ajoutant à la pyramide et au temple des façades taillées et peintes qui exprimaient des messages politiques et religieux. En fait, ils recouvraient toute la pyramide de plâtre (stuc), puis ils peignaient le tout en rouge ou d’une autre couleur vive.
La naissance des pyramides de méso-Amérique n'a donc rien à voir avec les pyramides d'Égypte. À l'argument géographique (plus de 13 000 kilomètres) s'ajoute l'argument temporel (plus de 3 500 ans). En effet les pyramides mayas ou leurs homologues aztèques sont apparues pour la plupart après le VIIIe siècle de notre ère, tandis que les tombeaux égyptiens ont été bâtis dès le début du IIIe millénaire avant notre ère. Leur fonction est totalement différente. Les pyramides mayas sont avant tout l’assemblage de deux structures superposées : un socle monumental, le « corps » de l’édifice, et le temple, dont l’importance est prédominante. Le socle n’a pour fonction que de rehausser le temple, de montrer que le dieu est supérieur à la population, qu’il s’élève au-dessus du commun des mortels.
Il n’a, en lui-même, quasiment aucune symbolique. L’appellation de pyramide est ainsi erronée.
Certains objectent pourtant que des tombes ont été aménagées sous ces temples, leur donnant une vocation funéraire. Toutefois, même s’il s’agit effectivement d’une pratique courante chez les Mayas, on ne peut ici non plus faire un parallèle avec l’Égypte. Comme dit précédemment, la pyramide méso-américaine a une fonction éminemment cultuelle. En se faisant inhumer sous l’édifice, les souverains entendaient simplement que le culte rendu dans le temple supérieur leur soit profitable : après leur mort, le temple constituerait une sorte de mémorial, entretenant leur souvenir.
Dans la jungle du
Petén, surgit entre les arbres de la forêt le centre religieux de
Tikal. Fabuleuse clairière, cette ancienne cité-État maya dressait ses pyramides de 60 mètres de haut. Tout autour vivaient 50 000 paysans, artisans et esclaves, main-d'œuvre nécessaire à des bâtisseurs ignorant la traction animale. On peut parler de villes fantômes émergeant de la forêt. Jamais l'homme n'a aussi bien maîtrisé les éléments naturels que les Mayas de la période classique. Il y a quinze siècles, Tikal régnait sur la jungle du
Guatemala de ses pyramides orgueilleuses. Le centre cérémoniel était recouvert de
stuc. Même le sol des temples était peint en rouge, la couleur du soleil et du sang. Sur l'une des plate-formes, le chef de la cité, entouré de deux grands prêtres, préside un rituel, dominant la procession des seigneurs, des sacrificateurs et de leurs victimes avec le concours des musiciens. Cette description provient de documents historiques.
Le temple du Devin d'Uxmal
Les Mayas étaient de très bons astronomes, ils avaient une connaissance très pointue des évolutions des objets célestes, plus particulièrement de la
Lune et de
Vénus. Beaucoup de temples sont orientés en fonction d’évènements célestes.
Les temples ronds dédiés à la divinité
Kukulcan sont souvent décrits comme les observatoires des Mayas, bien qu’il n’y ait aucune preuve qu’ils aient été utilisés à ce seul effet.
Stades
Terrain de
jeu de balle typique (
Monte Albán)
Le
jeu de balle que l’on trouve sur différents sites archéologiques était un élément important de la culture maya. Il s’appelait le Pok-ta-Pok.
Le terrain est délimité par deux terrasses sauf aux extrémités, il a la forme d'un I majuscule dont les grands côtés sont composés de murs inclinés. En haut de chaque mur, sur chaque plateforme se trouvait le public. Le terrain en lui-même était dénommé Tachtli ; il représente l’Univers, et la balle, le Soleil.
Les parties se déroulaient en fonction du calendrier astronomique maya, afin d’y implorer et de satisfaire les dieux par des sacrifices humains.
En son centre, sur chacun des deux côtés trônent deux immenses anneaux de pierre à cinq mètres de hauteur dans lesquels la balle de caoutchouc nommée Kik devait passer.
Chaque équipe de deux à douze joueurs devait se renvoyer la balle par l’anneau de pierre en employant selon les régions : les hanches, coudes, genoux où parfois les parties extérieures de la main et sans laisser tomber la balle par terre ; ce qui mimait la course du Soleil
[réf. nécessaire].
La balle faite de latex avait une grosseur d’environ quinze à vingt centimètres de diamètre ; son poids et sa dureté devaient donc faire très mal lors des chocs avec les différentes parties du corps des joueurs.
L’art maya de la période classique (200-900) est considéré par beaucoup comme l'un des plus beau et des plus fin de la période précolombienne. On a d'ailleurs souvent qualifiés les
Mayas de Grecs du Nouveau Monde, tant était grande leur supériorité dans le domaine esthétique. Dans l'art de la fresque, les maya étaient passés maîtres dès le
IIIe siècle. Les bas-reliefs de Palenque et la statuaire de Copán sont particulièrement gracieux et dénotent un sens de l’observation du corps humain très précis. Malheureusement, le climat a dégradé ces représentations. En revanche, les peintures qui ornent les objets funéraires sont assez bien conservées. Ennemis les plus dangereux des archéologues : les pilleurs de tombes. Certains trafiquants disposent de moyens considérables pour organiser des razzias systématiques.
Les premiers archéologues à travailler sur ces civilisations précolombiennes en furent particulièrement marqués, aussi qualifièrent-ils cette ère de classique. Il ne reste que quelques traces des peintures de l’ère classique maya, dont la majorité est constituée de poteries funéraires et autres céramiques mayas. Un bâtiment de
Bonampak porte d’anciennes peintures murales qui ont par chance survécu. Le déchiffrement de l’écriture maya nous a appris que les Mayas furent l’une des rares civilisations où les artistes signaient leurs œuvres de leur nom.
Loin d'avoir livré tous ses secrets, la civilisation maya a légué une quantité d'objets. Qu'il s'agisse d'ornements sacrés réservés au culte (masques cérémoniels, couteaux de sacrifice et insignes des fonctions sacerdotales). Qu'il s'agisse aussi de bijoux, de parures de jade ou encore de pierres sculptées comme des stèles sur lesquelles les archéologues cherchent encore aujourd'hui à lire les signes.
Écriture et littérature
Système d'écriture
L’écriture maya apparaît à partir de 300 av. J.-C. À en juger par les documents dont nous disposons, l’écriture maya passe assez rapidement d’une forme
logographique, où chaque mot est représenté par un dessin, à une forme mixte, logographique et phonétique de type syllabique : le mot peut aussi être divisé en unités plus petites, dans le cas maya, des syllabes, chacune représentée par un signe.
Les Mayas utilisaient 800 signes individuels ou
glyphes, disposés deux par deux en colonnes se lisant de gauche à droite et de haut en bas. Les glyphes mayas représentaient des mots ou des syllabes se combinant pour désigner n'importe quel concept. Les inscriptions hiéroglyphiques étaient soit gravées dans la pierre ou le bois sur des monuments et des œuvres architecturales, soit peints sur du papier, des murs de plâtre ou des objets en céramique. Le système n'était pas alphabétique
L’écriture maya est actuellement décodée à environ 80 %.
Les Mayas écrivaient avec des pinceaux faits en poils et plumes d’animaux. Ils utilisaient de l’encre noire et rouge, d’où le nom donné au territoire maya par les
Aztèques : « Le pays du rouge et noir ».
Les scribes avaient une position sociale très importante, les fresques montrent souvent les puissants avec du matériel d’écriture.
Ah Puch, dieu de la mort
La religion maya présente des similitudes avec la religion
aztèque ; elle comprenait également des sacrifices humains. Le calendrier maya situait la
fin du monde au
XVIe siècle, et l’apparition des conquistadors espagnols à cette époque les jeta dans la plus grande confusion. Ces derniers furent accueillis comme les dieux annoncés. Les Mayas n’opposèrent donc que très peu de résistance à ce qu’ils considéraient comme des êtres surhumains et acceptèrent un destin immuable. Le principal centre religieux du monde maya était
Chichén Itzá.
Les Mayas croyaient en la récurrence des cycles de la création et de la destruction. Les rituels et les cérémonies étaient étroitement reliés à ces multiples cycles terrestres et célestes. Le rôle du prêtre maya était d'interpréter ces cycles et de prophétiser les temps passés et à venir. Si des temps sombres étaient prévus, il fallait faire des sacrifices pour apaiser les Dieux. Pour suivre ces cycles ils utilisaient plusieurs calendriers : un calendrier sacré, le plus important de 260 jours, appelé
calendrier Tzolkin; un calendrier de 365 jours basé sur l'année solaire (les Mayas ont mesuré la durée de l'année solaire, l'estimant à 365,2420 jours, alors que pour les astronomes modernes elle est de 365,2422 jours. Soit une différence de seulement 17 secondes. Or les Mayas étaient incapables de connaître l'heure, la minute ou la seconde.
[5]), le
calendrier haab; un calendrier lunaire; un calendrier basé sur
Vénus ainsi qu'un système unique en
Mésoamérique, appelé le
compte long de l'
Époque classique.
Si la religion maya reste en grande partie obscure, on sait néanmoins qu’ils croyaient que le cosmos était séparé en trois entités différentes : le monde inférieur, la terre et le ciel.
Le ciel était composé de treize strates, chacune ayant sa propre divinité. Au niveau le plus élevé se trouvait l’oiseau muan.
Le monde souterrain comportait neuf strates sur lesquelles régnaient neuf "Seigneurs de la Nuit". Le monde souterrain était un endroit froid et inhospitalier auquel étaient destinés la plupart des Mayas après leur mort. Lorsque les rois mouraient, ils empruntaient le chemin lié au mouvement cosmique du soleil et tombaient dans le Monde inférieur, mais parce qu’ils possédaient des pouvoirs surnaturels il renaissaient dans le Monde céleste et devenaient des dieux. Cet univers souterrain accueillait aussi chaque soir les corps célestes comme le Soleil, la Lune et Vénus, une fois franchi le seuil de l’horizon.
Le panthéon maya renferme un nombre incalculable de divinités. Cette prolifération s’explique en partie par le fait que chacune des divinités se présente sous des aspects multiples. Certaines ont plus d’un sexe, d’autres peuvent être à la fois jeunes et âgées. Chaque dieu représentant un corps céleste possédait dans le monde souterrain un visage différent qui se révélait chaque soir à sa « mort ».
Calendrier maya sur le Codex Dresden, l’un des rares à avoir survécu à la conquête espagnole
Les Mayas voyaient la Terre comme une forme plate et carrée. Chacun de ses quatre angles était situé à un point cardinal et était représenté par une couleur : le rouge à l’est, le blanc au nord, le noir à l’ouest et le jaune au sud. Le centre était vert.
Certains Mayas croyaient aussi que le ciel était stratifié et que chacun de ses quatre angles était soutenu par une divinité d’une musculature impressionnante appelée Bacab. Pour d’autres, le ciel était soutenu par quatre arbres de couleurs et d’espèces différentes, et le ceiba vert, ou liard, se dressait au centre.
Pour les Mayas, la forme aplatie de la Terre représentait le dos d’un crocodile géant reposant dans un bassin rempli de nénuphars. Dans le ciel, le pendant du crocodile était un serpent bicéphale, une notion sans doute attribuable au fait que le vocable maya désignant le ciel ressemble au mot serpent.
Le sang et les sacrifices
L’élite était obsédée par le sang - le sien et celui des prisonniers - et le rite de la saignée constituait un important aspect de tout grand événement du calendrier maya. La saignée servait aussi à se concilier les dieux et au début du déclin de la civilisation maya.
Pour les Mayas, le sacrifice sanglant était nécessaire à la survie tant des dieux que des humains, faisant monter l’énergie humaine vers le ciel et recevant en retour le pouvoir divin. Le roi se servait d’un couteau d’obsidienne ou d’un aiguillon pour s’entailler le pénis, dont il laissait couler le sang sur du papier contenu dans un bol. Les épouses des rois prenaient aussi part à ce rite en tirant une corde hérissée d’épines à travers leur langue. On faisait brûler le papier taché de sang, et la fumée qui s’en élevait établissait une communication directe avec le Monde céleste.
La coutume voulait que les prisonniers, les esclaves, surtout les enfants et notamment les orphelins et les enfants illégitimes que l’on achetait spécialement pour l’occasion, soient offerts en sacrifice. Avant l’ère des Toltèques, on sacrifiait plutôt les animaux que les humains.
« A chaque divinité correspond un rite particulier durant lequel les victimes sont promises au rang de "substituts du dieu". Pour la divinité de la Pluie, particulièrement vénérée, ce sont des enfants que l'on noie, leurs larmes étant de bon augure pour obtenir des pluies abondantes [...] d'après les croyances du temps, les dieux sont littéralement "affamés" de nouvelles proies, ce qui explique l'état quasi permanent de guerre qui règne chez les Mayas, comme d'ailleurs chez d'autres peuplades méso-américaines. Les prisonniers vont constituer une sorte de "vivier à sacrifices" ». Tous les sacrifiés ne sont cependant pas contraints. En effet, « les victimes sont promises à une destinée enviable, celle d'accompagner le soleil dans sa course quotidienne, avant de revenir quatre ans plus tard sur terre, sous l'aspect d'un papillon ou d'un colibri. Cette croyance explique que les futurs sacrifiés sont souvent consentants, voire volontaires. La mort n'est pas, en effet, une fin mais, au contraire, le commencement d'une renaissance »
La grotte était un lieu sacré, surtout lorsqu’en jaillissait une source, symbole de vie et de renaissance. Elle peut être assimilée à un sanctuaire, un lieu de culte, un point de rendez-vous avec les divinités de la terre. Elle peut être un lieu funèbre, étant une matérialisation symbolique du monde de la mort. Des vases funéraires contenant des cendres de défunts ont été découvertes dans des grottes.
Ces sanctuaires rupestres mayas ont commencé à livrer certains de leurs secrets. Des gravures, dans des anfractuosités naturelles, évoquent la vie et la personnalité du défunt. Les offrandes qui y étaient déposées portent à penser qu’une espérance de vie future animait ces populations.
La montagne était aussi un haut lieu sacré. Les volcans étaient divinisés ou considérés comme la demeure de certains dieux à qui l’on portait des offrandes. À l’apparition de certaines constellations, un feu nouveau était allumé sur un ancien volcan éteint, afin de célébrer la jonction entre deux cycles de 52 ans.
Les grandes pyramides de
Teotihuacan apparaissent comme des collines artificielles, vouées aux dieux et aux rites qui les honorent.
La lune des mayas est un symbole féminin. De nombreux mythes y furent associés. Elle symbolise la femme enceinte dont le ventre, rond, croît et décroît. Une éclipse est un événement fâcheux pour les parturientes. Selon une légende, la lune ourdit un complot qui obligea le soleil à l’épouser, mais elle eut une attitude libertine, et l’a trompé avec le roi des vautours.
Les étoiles aussi étaient divinisées.
Mixcoatl, serpent de la nuée blanche, régnait sur la voie lactée.
Tezcatlipoca, maître de la nuit, était identifié à la grande ourse, perçue comme représentant un jaguar.
Comme les autres civilisations proto-colombiennes, si les Mayas étaient par certains aspects en retard sur l’Europe (notamment concernant la poudre), ils étaient en revanche très avancés dans d'autres secteurs. Leur connaissance de l’
astronomie notamment surprend encore les scientifiques actuels. Leurs réalisations architecturales sont également remarquables. Les Mayas avaient créé un type de voûte particulier que l’on peut observer à
Uxmal. Leurs édifices exploitent par ailleurs leurs connaissances astronomiques pour créer des effets saisissants à partir de jeux de lumière (cf.
Chichén Itzá).
Bien qu’il soit parfois affirmé que les Mayas ne connaissaient pas la roue, les découvertes réalisées sur certains sites archéologiques (entre autres à
Palenque) montrent le contraire. Néanmoins la roue n’était pas utilisée en tant qu’outil, car elle avait pour eux un caractère sacré.
Une des pratiques les plus anciennes fut d'ériger des stèles pour commémorer ou marquer des évènements historiques; auparavant on érigeait des stèles de façon irrégulière; puis on les érigeait selon une certaine périodicité, généralement à la fin de chaque
katun, période cyclique de 20 ans. Ces dates ont pu être lues grâce à la clé que nous a donné Diego de Landa. Les Mayas construisaient leur calendrier à partir de la date légendaire de 3113 av. J.-C., et ils utilisaient des unités de temps plus importantes telles que le
baktun, période cyclique comprenant 20
katuns, (c'est-à-dire 400 années mayas, correspondant à 394 de nos années).
Mathématiques
Nombres mayas
Les Mayas (ou leurs prédécesseurs olmèques) utilisaient un système en base 20 comprenant un sigle
zéro (mais dont l'usage et donc le concept étaient différents du nôtre, cf.
Numération maya). Les inscriptions montrent qu’ils étaient capables de manier de très grands nombres. Le système mathématique de base 20 (vicésimal), c'est-à-dire à vingt chiffres élémentaires (nous utilisons un système de base 10, décimal), de même que leur méthode de positionnement graphique, leur permettait des calculs à l’infini. L’invention du zéro, bien avant les Indiens et les Arabes, a été révolutionnaire. Elle leur a permis de mener des recherches astronomiques poussées dont le degré de précision est très impressionnant. Les prêtres et astronomes mayas ont estimé de façon très pointue la durée de l'année solaire, bien que dans la vie courante ils utilisent une année de 365 jours (cf.
Calendrier maya). Par exemple, le calendrier grégorien déterminait l’année solaire à 365,2425 jours ; le calendrier maya, à 365,2420 jours ; et l’astronomie moderne 365,2422 jours. En clair, sept siècles avant les Européens, munis d’instruments archaïques et après des années d’observations au cœur de la jungle, les Mayas ont été capables de déterminer la durée d’une année solaire avec une précision extrême. Il faudra attendre le
XIXe siècle pour que les progrès techniques puissent affiner cette évaluation.
Leurs analyses
astronomiques étaient très précises, leurs études du mouvement de la
Lune et des planètes étaient remarquables pour des gens qui ne travaillaient qu’à l’œil nu.
Redécouverte de la civilisation maya
Les colonies espagnoles du Nouveau Monde étaient largement coupées du monde et les ruines de ces antiques cités étaient tombées dans l’oubli enfouies dans la végétation tropicale. Seules quelques cités exceptionnellement préservées s'offrent aujourd'hui aux yeux des visiteurs. Pour atteindre les vestiges des trois quarts des anciennes villes du Yucatan et du Guatemala, il faut marcher dans une jungle touffue. Avec des moyens archaïques, comparables à ceux qu'utilisaient les Maya pour les édifier, les archéologues ont ouvert des chantiers pour dégager les monuments de leur gangue végétale et reconstituer ceux qui étaient trop dégradés.
En
1839 un écrivain et voyageur américain
John Lloyd Stephens, en entendant les récits de cités en ruine dans la jungle, visite
Copán,
Palenque, et d'autres sites en compagnie de l’architecte anglais
Frederick Catherwood. Leurs croquis suscitent un vif intérêt de par le monde et déclenchent la redécouverte de cette civilisation précolombienne majeure.
De nos jours, une large part de la population rurale du
Guatemala, du
Yucatan et du
Belize descend des Mayas et parle une
langue maya.
Ecriture
Les Mayas développèrent un système d'écriture très complet et parmi les plus avancés d'amérique. Ils ont écrit des textes dans différents domaines.
On sait qu'ils ont écrit des textes dans différents domaines (médecine, botanique, histoire, mathématique, astronomie,...). En raison du zèle des moines franciscains venus avec les conquistadores, à vouloir évangéliser le continent, peu de textes, peu de codex nous sont parvenus, parce que détruits, brûlés. En 1562, l'évêque franciscain Diego de Landa, considérant ces livres comme des "écrits du diable", décide de les brûler en public. On en compta alors 27 codex.
Les codex sont de longues bandes d'écorce de ficus, de fibres végétales d'agaves ou de peaux d'animaux battues, imprégnées de résine puis recouvertes d'une légères couche de chaux morte sur laquelle sont peints des glyphes, des chiffres, des images de dieux et d'animaux, toujours avec les mêmes couleurs : noir, jaune, vert, bleu et rouge. Ces bandes sont larges de 25cm environ mais longues de plusieurs mètres et repliées en accordéon. Ils étaient exclusivement réalisés/rédigés par le
"tlacuilo". Compte tenu de leur valeur, les codex étaient revêtus d'une couverture en peau de jaguar.
Aujourd'hui, on n'en compte plus que quatre, dont un particulièrement mal conservé : le codex de Dresden (du XIIIème siècle, et traitant d'astronomie et d'art divinatoire) (Lien :
en français et commentaires), le codex de Paris (du XIIIème siècle, traitant d'art divinatoire et de profécies), le codex de Madrid (qui contient un horoscope et un almanach), le codex de Grolier (mal conservé, et qui traite d'astronomie et affiche un calendrier complet).
01. - Où vivaient les Mayas ? En Amérique Latine
02. - Les Mayas étaient un peuple... ? De cultivateurs
03. - Quand le déclin a-t-il commencé ? Au IXème siècle
04. - Quelles cités Maya étaient connues ? Tikal et Copan
05. - Pourquoi la civilisation Maya a-t-elle disparu ? Le savoir a été perdu à cause de la guerre
06. - Quelle science, les Mayas ont-ils développé ? L'astronomie
07. - En astronomie, pour les calculs d'évènements annuels, quelle était la précision de certains observatoires ? Quelques secondes
08. - Qu'y avait-t-il au dessus des pyramides ? Un temple et l'autel du sacrifice
09. - Mathématiquement, qui savait compter ? Tout le monde
10. - Comment s'appelle l'écclésiastique qui a détruit bon nombre de Codex ?
Diego de Landa